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Patrick Diquet

Entretien avec Patrick Diquet

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Présentation de l'unité conservation des images de la médiathèque de l'INSEP par son responsable, Patrick Diquet, rencontré par Acrobatic Sports. Vidéo disponible.

Acrobatic Sports a rencontré Patrick Diquet, responsable de l'unité conservation des images à la médiathèque de l'INSEP: voir la vidéo

Patrick Diquet avait déjà été interrogé par Acrobatic Sports, entretien paru dans le numéro de septembre 2006 de notre magazine électronique et reproduit ci-après.

Acrobatic Sports : Pouvez-vous nous présenter le service que vous dirigez, l’iconothèque de l’INSEP ? Quel est son rôle ?

Patrick Diquet: L’iconothèque de l’Insep a été mise en place par Pierre Simonet avec pour premier objectif de faire vivre les trésors d’archives sportives photographiques et cinématographiques. La création, en 1996, de cette unité iconothèque, qui est à ce jour l'unique structure spécialisée en France dans le domaine de l'archivage d'images du sport et des activités physiques, répondait à une double nécessité : 1/ de conserver les très importants fonds filmiques et photographiques ; 2/ de mettre à disposition ces collections pour un large public : réalisateurs, entraîneurs, enseignants ou chercheurs de l'établissement, sociétés de productions, médias, éditeurs, presse, etc.

Un petit historique s’impose:

L’Iconothèque de l'INSEP est l'héritière d'une activité photographique puis cinématographique née il y a plus d’un siècle à l'école de Joinville. À l’instigation notamment de Georges Demenÿ, la photographie d'abord, puis le cinéma, introduits dès 1902 dans l'enceinte de la Redoute de la Faisanderie, ont laissé des témoignages qui, malheureusement, n'ont pas toujours été préservés. Ces activités photo-cinématographiques, prolongées par les productions de l’Institut National des Sports de 1945 à 1975, puis de l’INSEP à partir de cette date, ont contribué à la constitution d’un important ensemble d’archives filmiques et photographiques.

Les collections qu’elle détient représentent l’héritage des établissements militaires et civils qui s’inscrivent dans la généalogie de l’INSEP : École normale de Gymnastique de Joinville, Écoles normales supérieures d’Éducation physique, Collège national de Moniteurs et d’Athlètes, Institut national des Sports. Elles représentent une mémoire unique pour l'ensemble des disciplines sportives et témoignent des évolutions techniques, technologiques et didactiques.

L’activité de l’Iconothèque s’organise autour de 4 axes principaux : la conservation, l’enrichissement des fonds, la valorisation et la production, la mise à disposition.

Acrobatic Sports : Combien de personnes travaillent à vos côtés ? Quel est le rôle de chacun ?

Patrick Diquet: L’unité iconothèque est constituée de trois personnes. Christophe Meunier, responsable du fonds photographique, Julien Faraut, responsable du fonds cinématographique et moi-même qui dirige l’unité.

Acrobatic Sports : De quels moyens disposez-vous ?

Patrick Diquet: En dehors des outils informatiques traditionnels, nous possédons des outils spécifiques de numérisations et de montage vidéo. Nous sommes plutôt bien équipés. Un des éléments essentiel de notre équipement est notre salle spécialisée pour la conservation des films et des photographies. En effet, nous possédons une salle climatisée qui permet de conserver les documents dans les meilleures conditions.

Acrobatic Sports : De quelle quantité de photographies dispose l’iconothèque ? Quelle est la quantité de films ? En quels formats sont-ils ?

Patrick Diquet: Pour répondre rapidement, je dirais que nous avons de 50000 à 60000 photographies et environ 3000 films. Les formats vont de la plaque de verre au tirage papier pour les photos et du 8mm au 35mm pour les films. Chaque année, nous récupérons soit par des dons soit par des dépôts mais aussi par quelques achats des documents qui viennent grossir nos fonds.

Acrobatic Sports : Combien de disciplines sont répertoriées dans les archives de l’iconothèque ?

Patrick Diquet: 45 disciplines sont répertoriées et nous possédons également d’autres rubriques comme par exemple les jeux olympiques, le handisport, le mime, la musculation, la médecine sportive etc.

Acrobatic Sports : Quelles relations avez-vous avec les fédérations ? Comment pourraient-elles vous aider ?

Patrick Diquet: Nous essayons de développer divers partenariats avec les fédérations notamment en terme d’échanges de services ou de ressources. Nous pensons qu’il existe une grande quantité de documents qui sont inexploités et conservés dans des conditions imparfaites.

Nous élaborons des contrats de dépôts avec nos partenaires qui garantissent les droits de propriété. Nous proposons nos services pour rechercher et visualiser des documents. Nos portes sont grandes ouvertes car si notre souci est d’enrichir le patrimoine sportif, il est aussi de permettre un meilleur accès à tous les documents. Je crois que nos différents partenaires l’ont très bien compris. Notre travail leur permet de gagner un temps précieux pour le classement et le reconditionnement des documents que nous effectuons.

Les déposants peuvent venir consulter quand ils le veulent leurs documents ou nous contacter pour recevoir des copies. Dans un avenir que je souhaite proche, nous développerons des échanges informatiques plus rapides. Aujourd’hui, on peut consulter notre site où déjà un certain nombre de documents sont à la disposition du public. Nous proposons notamment une rubrique sur la mémoire orale du sport où des entraîneurs nationaux ou des personnalités de renom dans le monde du sport nous font partager leurs savoirs et leurs passions.

Nous projetons d’ailleurs de travailler bientôt sur les personnalités du trampoline et de proposer deux entretiens.

Acrobatic Sports : Acrobatic Sports a, avec le concours de l’INSEP, numérisé des documents exceptionnels sur l’histoire du trampoline, pouvez-vous nous en dire plus ?

Patrick Diquet: En effet notre rencontre nous a permis de mettre à jour des documents assez exceptionnels qui permettent de retracer la genèse de cette activité sportive. La qualité des productions filmiques de l’époque est toujours une surprise tant par la précision des images que par l’analyse technique qui est proposée. Nous espérons pouvoir compléter la collection trampoline dans les années à venir. Les échanges avec l’équipe d’Acrobatic Sports nous a permis de compléter l’indexation des films.

Acrobatic Sports : Aimeriez-vous développer de tels partenariats avec des passionnés dans d’autres disciplines ? En quoi cela pourrait-il aider votre action ?

Patrick Diquet: Évidemment, nous faisons souvent appel à des professionnels de telle ou telle activité car les films en notre possessions ne possèdent pas toujours d’informations précises. Par exemple les sportifs, les lieux ou l’évènement sont rarement cités. Notre équipe restreinte gagne du temps lorsqu’elle a le concours de spécialistes d’une activité.

Acrobatic Sports : Pouvez-vous nous raconter la journée du lundi 29 mai 2006 où, à l’initiative d’Acrobatic Sports et avec votre collaboration, George Nissen (Etats-Unis, 92 ans), l’inventeur du trampoline, est venu à l’INSEP avec d’autres figures historiques du trampoline et notamment du trampoline français ?

Patrick Diquet: Cette journée était très conviviale. Nous avons pu remarquer à cette occasion les liens étroits qui se sont noués au cours des années entre les différents fondateurs de la fédération française de trampoline. Ceci montre que la réussite de cette fédération au plus haut niveau n’est pas un hasard, mais qu’il est la combinaison d’un professionnalisme, d’une passion et d’un travail d’équipe. La journée s’est terminée par un repas très détendu et a permis de poser les bases d’un partenariat durable.

Acrobatic Sports : Toute l’équipe vous remercie pour cette opportunité qui nous a été offerte.

 

 

 

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